Rien à foutre !

Assise sur le canapé trois places, je zappe et tombe sur Hugo Clément chez les GG, les Grandes Gueules sur RMC. Là une blonde avocate, lui hurle au visage qu'elle et ses amis politiciens s'en foutent de l'écologie, qu'elle en a rien à faire, et qu'eux non plus, devant un Hugo médusé par ce temps de véhémence.

Billet d'Où ?
2 min ⋅ 30/10/2023

Je suis surprise que pour quelqu’une qui s’en fout, elle en parle avec tant d’émotion dans la voix. Quand je parle du mondial du lancer de bigorneaux verts, c’est avec calme et désinvolture, une indifférence dans les yeux qui traduit mon ennui sur le sujet. Alors que là, ça hausse le ton, ça l’accuse de totalitarisme comme si ce pauvre Hugo et son totalitarisme vert était l’origine même des typhons, canicules et feux de forêts. Comme si le traiter d’ayatollah vert aller faire cesser le réchauffement de l’ambiance et le taux de pollution de nos océans. Comme si l’invectiver sur un plateau allait faire diminuer la fonte des glaciers et refroidir la banquise. N’a t’on pas prévenu cette charmante dame, très professionnelle, que s’en foutre ne changera en rien le climat actuel, que crier après des verts, ne modifiera pas les faits. Ah non ? Désolée.

Je me recule sur le canapé comme pour éviter les prochaines invectives de cette invitée qui raisonnablement s’en fout de l’humanité. Je me dis après tout pourquoi pas. Il vaut mieux qu’elle, et tous ses amis politiques dans le même cas, se désintéressent de la chose plutôt que de faire semblant de s’y mettre et de faire plus de conneries. Voilà qui est franc, claire et nette. Merci Madame pour votre désintérêt, vous aiderez ainsi par votre indifférence au sujet à laisser la place…

Rien à foutre voilà une bonne stratégie pour tout ceux qui souhaitent piller la planète et qui préfèrent croire que se sont les illuminés d’écologistes, de naturalistes qui risquent de mettre à mal leur manière de vivre et non pas la raréfaction des énergies fossiles, la disparition de la biosphère. C’est la fourmi qui se marre. Elle qui travaille pour nous, indirectement, pour la nature. Qui nettoie et fertilise. Qui entretient arbres et chemins comme les vers de terre. Ils doivent bien se gondoler dans leur sol de béton et de bitume. Et comment qu’elle fera la dame quand nous aurons démissionner ? se demandent-ils. Une grande démission version nature asservie. Un grand départ vers des horizons et des prairies plus accueillantes. Un silence et un vide. Que resterait-il de son confort de vie ? Très peu en vérité car tous ses produits et outils qui la mettent si bien en valeur sur les plateaux sont reliés à ces invisibles. Des milliards d’être vous manquent et je n’ai plus de réseaux. Des milliards d’être vous manquent et mes placards sont vides.

Puisque cette jolie dame s’en fout, qu’elle rende au moins à César ce qui lui appartient et à la terre tout ce qu’elle lui prend tous les jours. Vous savez, comme une relation toxique que l’on se doit d’arrêter pour survivre, une question de vie ou de mort. L’humanité, dans le rôle de ce pervers narcissique, et la Nature victime silencieuse qui se libèrerait, se rebellerait, déserterait le logis de son bourreau.

Trop coooooooooooooool non ?

Image par macroworlds de Pixabay

Billet d'Où ?

Par Valérie BERNEDE